Hier, mercredi 2 mars, une “petite” séance de dégustation est organisée par le comité de sélection du Savour Club. Je me suis fait invité pour réaliser un petit reportage…

Début des festivités, 9 heures 

La première partie de la dégustation est réservée à la validation de la date d’apogée d’une trentaine de vins. En effet, régulièrement les vins en vente sont redégustés sous la direction de notre responsable qualité (Kaouther Ghazouani)  par nos deux oenologues-sélectionneurs (Vincent Querre et Denis Poyet), assistés par notre responsable achat et stock (Philippe Chanat) et notre responsable gamme produits (Céline Preschey) - tout cela sous l’oeil bienveillant et attentif de votre reporter (Laurence Billard).

Les dégustateurs ont validé dans l’ensemble les dates initialement prévues, à l’exception d’un Pomerol dont l’apogée doit être avancée de deux ans. Cette validation qualité leur donne l’occasion de petits commentaires sur les vins : “le vrai goût du Pinot Noir sans autre goût que celui du cépage…” pour un Pinot noir d’Alsace ; Un Ventoux très apprécié de Philippe ; un Alsace avec du sucre résiduel qui est “très plaisant pour les jeunes dégustateurs” ; quelques “j’aime, j’aime pas… ou je préfère celui-ci” bref la dégustation est technique et passionnée (Kaouther recentre quelque fois le débat).

Après les “dlv” (date limite de vente : 6 mois avant la fin de l’apogée), on passe aux réclamations. Quelques bouteilles sont camouflées d’un papier : dégustation à l’aveugle ?… non ! Les bouteilles sont entourées de la fiche d’une réclamation client. Chaque cas est décortiqué, il faut goûter le vin et comprendre précisément la réclamation jointe. Vincent et Denis recherchent si le vin a un défaut. Aujourd’hui les vins contrôlés ne présentent pas d’anomalies techniques, pour un vin le côté perlant est normal mais peut surprendre (et ne pas être au goût) de l’acheteur.

10h30, une courte pause et la partie sélection débute 

Une première série de vins blancs : des vins de Provence, un sauvignon de touraine et pour finir une série du domaine Long Depaquit 2010.

Les Provence : pas de goût, ne raconte rien : non, quoi !

Le sauvignon de Touraine : doux, nez de buis, propre, bien fais… à priori, il a ses chances !

Un ou deux autres blancs (j’ai fait l’impasse pour goûter le sauvignon de Touraine et trouver le buis !).

Les Long Depaquit 2010, là, j’ai rejoint la conversation. Denis : “les malots ne sont pas faites encore, c’est plus pour voir le potentiel”. Approbation générale pour ces vins, visiblement “y’a du potentiel”, mais Denis va les regoûter dans un jour ou deux pour compléter son avis.

11h : on passe aux vins rosés

On débarrasse, on débouche et on fait le tri pour déguster les vins dans le bon ordre.

Denis nous donne les règles du jeu : “là, c’est on n’aime, on n’aime pas”. Et ils vont jouer à cela très sérieusement : “pas finaud”, “sans vice, ni vertu”, “pas bon”, “pas mal”, “vert, moins charmant” “pas terrible”, “plus de personnalité, mais spécial” et une expression très imagée que je ne peux pas écrire ici !! (tiens, bizarrement, je n’ai retenu que les remarques négatives). Au bout de 15-20 mn, la petite vingtaine de rosés est jugée. Il y a trois rangées : les éliminés, les bien partis et les entre deux. On les regoûte (sauf les éliminés).

L’ambiance est décontractée mais studieuse. Il faut suivre le mouvement pour comprendre la conversation. Pour ma part entre les photos, la prise de notes et la dégustation, j’ai eu quelques trains de retard… (ce qui m’a permis de faire l’impasse sur quelques vins et de reposer mon palais, car mine de rien, même si l’utilisation du crachoir est obligatoire, c’est physiquement un peu éprouvant pour les débutants).

Les vins encore en piste sont regroupés par catégorie : région, gamme de prix. Débat autour de deux vins corses : on garde les deux, un seul, aucun. Résultat, ils sont bien tout les deux, ils se tiennent au niveau du goût mais le premier a un prix moins élevé… à priori, il sera retenu.

A la fin, sur 16 rosés, on en garde 4.

12h : les vins rouges

Petite hésitation avec une série de Champagne (c’est un métier difficile, non ?). On part sur les rouges, les Champagnes seront à la dégustation de cet après midi ou demain matin. (zut, je retourne au bureau, moi !). Bon, alors les rouges, c’est pas mal quand même : trois vins de Touraine de chez Marionnet, j’avais bien envie de les goûter depuis quelques temps : comme j’ai pris de moins en moins de notes, je ne donne que mon avis : “surprenant, intéressant, l’un dont on n’a pas la sensation de présence d’alcool, juste le fruit” (c’est pas très professionnel comme commentaires, mais bon !).

Après, deux beaujolais, un beaujolais villages et un chiroubles. Pour le beaujolais villages, Céline se lance avec un “je vais peut être dire une bétise, mais…”, Denis, en alerte  ”N’hésites pas, ah tiens c’est intéressant” (l’air goguenard, un air assez courant chez lui !). (moi, prête à enclencher le mode film de mon appareil photo au cas où une bêtise passe, ce serait dommage de manquer ça). Céline “il me fait penser plus à un cru du beaujolais qu’un beaujolais-villages”… Denis est ravi et complètement d’accord “c’est exactement ce que j’ai pensé quand je l’ai goûter la première fois…”. On regoûte, et on tombe tous d’accord sur ce Beaujolais villages. Le Chiroubles “finesse et typicité du Chiroubles”.

Une petite partie des rouges est dégustée mais il est déjà 12h30 et la pause déjeuner dans un restaurant qui accepte que l’on apporte (exceptionnellement) des vins, nous attend. On part avec 5/6 bouteilles pour mieux les évaluer  (je vous rassure, les bouteilles n’ont été finies…).

Retour à 14h, ma petite récréation-découverte s’arrête là.